En ce début d’automne, le Yorkshire accueillait pour la première fois les Championnats du Monde sur route. Une région qui vit vélo et dont les habitants vouent une véritable passion pour la petite reine. L’accueil du Grand Départ du Tour de France 2014 et l’organisation du Tour du Yorkshire, qui est devenu une course incontournable du calendrier, n’y sont pas étrangers.

 

 

Une vraie ferveur populaire

 

Durant toute une semaine, c’est la région toute entière qui a célébré les coureurs. Chaque jour, avec ses rues et ses boutiques parées des couleurs du maillot arc-en-ciel, une ville différente accueillait le départ des épreuves. Pour l’occasion, les écoles locales avaient été mobilisées. Présents sur la ligne de départ ou devant le podium de présentation, les enfants ont encouragé, supporté et crié le nom de chaque nation. Une initiative qui a fait sourire l’ensemble des coureurs.

 

 

Pour accueillir les athlètes du monde entier, le Yorkshire avait revêtu son plus beau costume : des prairies verdoyantes remplies de moutons, des arbres aux feuilles orangées et une météo « so british ». La pluie aura été le grand acteur de ces Mondiaux.

 

Des trombes d’eau pendant une semaine

 

Le mardi, le contre-la-montre espoirs restera dans les mémoires. Sur des chaussées totalement inondées, les rouleurs ont dû slalomer entre les flaques d’eau sous une pluie battante. Certains ont été à la faute, ne parvenant pas à éviter la chute, et d’autres y ont échappé de justesse, comme Thibault Guernalec. Dès les premiers kilomètres, le Français a dérapé mais a réussi à rester sur son vélo.

 

 

Credit : FFC

 

Avec ces conditions climatiques, les Équipes de France Juniors et Espoirs n’ont pas réussi à monter sur le podium. Appliqués, collectifs et offensifs, à l’image de Cédrine Kerbaol s’échappant à 25 km de la ligne sur la course juniors, les Français n’ont pas réussi à mettre le coup d’accélérateur nécessaire pour jouer la victoire avec les meilleures nations. Rendez-vous l’an prochain à Aigle et Martigny pour les coureurs de la Relève FFC-ŠKODA, avec des Mondiaux qui feront la part belle aux terrains accidentés.

 

 

 

La course Elite hommes a été le point d’orgue de ces Mondiaux et restera longtemps dans les mémoires, surtout des coureurs. L’eau ayant envahi certaines portions de la route, les organisateurs ont décidé de réduire le parcours initial seulement 2h avant le départ. Avec cette annonce, tout le monde comprenait que cette journée allait rester dans les mémoires.

 

 

 

Les conditions ont usé les coureurs

 

Pendant 6 heures, la pluie et le vent n’ont pas baissé d’intensité, tout comme les encouragements du public. Les spectateurs ont répondu présents et une forêt de parapluies s’était formée le long des barrières. À un rythme soutenu, la course a fait rapidement des dégâts poussant des cadors, comme le champion du monde sortant Alejandro Valverde, à jeter l’éponge.

Ces conditions climatiques ont causé des défaillances inexplicables comme celle du Hollandais Mathieu Van der Poel, incapable de pédaler alors qu’il était dans le groupe de tête à l’entrée du dernier tour. Seulement 46 coureurs sont parvenus à franchir la ligne d’arrivée. Transis de froid, le visage marqué par la souffrance, la majorité des coureurs ont pris directement la direction de leurs bus. Une telle journée vient nous rappeler à quel point ce sport est à part et ces coureurs de véritables guerriers du bitume.