Les bienfaits du vélo comme moyen de transport sont aujourd’hui bien connus : c’est bon pour la santé, pour la pollution de l’air et pour les embouteillages. Alors pourquoi n’y a-t-il pas plus de gens qui vont travailler à vélo ? D’après une étude récente, l’environnement dans lequel les gens vivent est un facteur déterminant. Comment rendre plus de quartiers accueillants pour les cyclistes ?

« Le vélo contribue à la vitalité urbaine et, en tant qu’urbaniste, j’avais envie de savoir quels étaient les facteurs majeurs qui pourraient pousser les gens à choisir d’aller travailler à vélo », explique Yujin Park, auteur principal d’une nouvelle étude publiée dans le Journal of Transport and Land Use.

Pour cette étude, les auteurs ont interrogé 1200 personnes travaillant à l’université Ohio State, l’une des plus importantes de la région. Leurs articles précédents s’étaient penchés sur la perception des trajets quotidiens et sur l’attitude des personnes qui les effectuent. Mais cette nouvelle étude adopte une nouvelle approche en intégrant les données concernant l’environnement.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas le nombre de cyclistes, mais plutôt les infrastructures prévues pour eux, notamment des pistes cyclables protégées et séparées
Ce qui fait la différence, ce n’est pas le nombre de cyclistes, mais plutôt les infrastructures prévues pour eux, notamment des pistes cyclables protégées et séparées. © Profimedia, Alamy

L’importance du type de quartier

L’étude a permis de découvrir que les personnes vivant dans des quartiers très denses (dans un centre-ville dynamique ou à proximité d’un grand campus) avaient deux fois plus de chances d’aller travailler à vélo que ceux habitant dans des zones de densité moyenne, et trois fois plus que ceux qui vivent dans des zones périurbaines ou rurales. Cela vaut même pour les zones périurbaines censément « cyclables ». Les personnes qui y vivent voient plutôt le vélo comme un loisir ou sport, mais pas comme un moyen de se rendre à leur travail ou à l’université.

Plus de pistes cyclables et de stationnements

Environ 12,6 % des personnes interrogées faisaient du vélo, et environ 5,4 % ont déclaré que le vélo était leur principal moyen de transport. La plupart des cyclistes interrogés ont déclaré qu’ils prendraient leur vélo plus souvent pour aller travailler s’ils avaient accès à plus de pistes cyclables, à des vélos partagés, et à des places de stationnement couvertes pour leur vélo.

Un parking à vélo couvert à Utrecht (Pays-Bas).
Un parking à vélo couvert à Utrecht (Pays-Bas). © Profimedia, AFP

L’importance de la sécurité pour convaincre de nouveaux cyclistes

Parmi les gens qui ne font pas de vélo, la sécurité constitue l’inquiétude principale. Ils ont peur des autres véhicules avec qui ils doivent partager la route et de la délinquance.

Ces conclusions montrent que si les campus, les communes et les urbanistes au niveau régional veulent augmenter le nombre de gens qui vont travailler à vélo, ils doivent se concentrer sur la création de pistes cyclables, de bandes cyclables, et de stationnements dédiés à proximité des centre-villes et des campus.

« L’envie d’aller travailler à vélo baisse graduellement entre les quartier très denses et les quartiers pavillonnaires » , affirme Park. Il précise : « Ceux qui vivent dans les quartiers les plus densément peuplés ont la plus grande propension à prendre leur vélo pour aller travailler. Lever les obstacles qu’ils rencontrent serait l’utilisation la plus rationnelle de nos ressources. »

Par : Jiri Kaloc